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samedi, 17 février 2007

QRN sur Bretzelburg

medium_QRN_Bretzelburg.2.jpeg         En cette période de travail intense, je suis plus volontiers tenté de lire des bandes dessinées que des pavés de 500 pages. Je ne veux pas signifier par là que la BD est un art inférieur à celui de la littérature, mais l'approche peut en être plus immédiate. BIen évidemment, pouvoir apprécier chaque allusion, chaque petit détail d'une BD est un art consommé, mais qui, imparfaitement maîtrisé, laisse la possibilité au lecteur de découvrir sans fin de petites finesses fractales au fil des pages.


        Je voudrais donc vous parler aujourd'hui du 18e album de la série "Spirou et Fantasio" du regretté André Franquin : "QRN sur Bretzelburg". QRN renvoie au code Q des radioamateurs, Bretzelburg est un petit pays imaginaire, parodie des dictatures militaires qui causent tant de ravages. Encore une fois, Franquin a su désamorcer la gravité de sujets terribles en jouant de son humour.

        Il dépeint ici deux pays en guerre, dont les deux dictateurs ne sont en fait qu'une seule et même personne (Schmetterling / Farfalla : "papillon" en allemand et italien), un marchand d'armes opportuniste qui fait son beurre de la situation politique explosive, et le docteur Kilikil, incarnation caricaturale d'un docteur Mengele, qui emploie des tortures aussi burlesques qu'inédites : faire crisser une craie sur un tableau noir (on en ressent immanquablement le frisson), puis une fourchette sur une assiette, et le fin du fin, la torture culinaire.
 
        En à peine une quinzaine de cases, Franquin, par une série de dessins suggestifs et d'évocations de recettes culinaires, nous met littéralement l'eau à la bouche, lorsque l'infâme Kilikil affame Fantasio avant de le faire assister à une cuisine digne de la Maison Troisgros.
 
        Je peux avoir passé deux heures à table avant de relire cette BD, ma faim revient rien qu'à la (re)lecture de ce passage. La torture réside en vérité dans le fait d'avoir ces planches sous les yeux...
 
Pour conclure, bien que je répugne à user du dithyrambe, je me surprendrai à affirmer que ces quinze cases représentent à elles seules un monument de la bande dessinée franco-belge.
 
 
Lisez donc cet album, et particulièrement les pages 41 à 44 pour vous en (laisser) convaincre...
 
 

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